Télésurveillance : remboursement, forfaits et rôle du socle numérique
Télésurveillance en droit commun : les deux forfaits, les conditions de remboursement, la gestion des alertes et le socle numérique (INS, HDS, MSSanté).

La télésurveillance permet de suivre un patient à distance à partir des données transmises par un dispositif numérique : capteur, application ou objet connecté. Depuis le 1er juillet 2023, elle est sortie du programme expérimental ETAPES et relève du droit commun du remboursement. Pour un porteur de projet, deux questions se posent : comment le remboursement fonctionne, et de quoi dépend la réussite d'un déploiement. Ce guide répond aux deux.
La télésurveillance, de quoi parle-t-on ?
Un dispositif de télésurveillance associe trois éléments :
- un dispositif numérique qui collecte des données chez le patient (poids, tension, glycémie, symptômes déclarés…) ;
- un opérateur : le professionnel ou la structure qui analyse les données et traite les alertes ;
- un accompagnement du patient, pour qu'il utilise correctement le dispositif.
Les alertes sont le cœur du dispositif : une valeur anormale ou une absence de transmission doit être vue, qualifiée et suivie d'une action. Un projet qui génère trop d'alertes inutiles épuise l'équipe ; un projet qui en rate une perd la confiance des patients.
Le remboursement, comment ça marche
Le modèle repose sur deux forfaits :
| Forfait | Bénéficiaire | Ce qu'il rémunère |
|---|---|---|
| Forfait opérateur | Professionnel ou structure qui assure le suivi | L'analyse des données, la gestion des alertes, le suivi du patient |
| Forfait technique | Exploitant du dispositif numérique | La mise à disposition de la solution |
Pour ouvrir droit au remboursement, l'activité de télésurveillance doit être inscrite sur la liste prévue par la réglementation, après évaluation par la HAS. Le dispositif doit aussi satisfaire aux exigences de conformité, dont celles de l'ANS en matière d'interopérabilité et de sécurité. Les montants et conditions précises sont fixés par arrêté : reportez-vous à ameli.fr pour la version en vigueur.
💡 La bonne question pour un porteur de projet n'est pas seulement « mon dispositif est-il bon ? », mais « est-il inscrit, conforme et raccordé au bon socle numérique ? ».
Le rôle du socle numérique
Une solution de télésurveillance ne vaut que par le socle qui la porte :
- Identité fiable : l'INS garantit que les mesures sont rattachées au bon patient. Voir qualifier l'identité INS.
- Sécurité : hébergement certifié HDS et respect du RGPD pour des données sensibles.
- Échanges : la MSSanté permet de transmettre comptes rendus et alertes aux autres professionnels du parcours.
- Interopérabilité : alimenter le DMP et les logiciels métiers pour ne pas créer un silo de plus.
- Authentification : accès des professionnels via Pro Santé Connect.
Sans ce socle, une télésurveillance reste un pilote isolé, difficile à intégrer au suivi coordonné du patient.
Dispositifs connectés : les critères de choix
Le marché compte de nombreux dispositifs : balances, tensiomètres, capteurs de glucose, applications de suivi de symptômes. Avant d'en retenir un, comparez-les sur des critères concrets :
| Critère | Question à poser |
|---|---|
| Statut réglementaire | Le dispositif est-il marqué CE et éligible au remboursement pour l'activité visée ? |
| Gestion des alertes | Les seuils sont-ils paramétrables par patient ? Les alertes sont-elles priorisées ? |
| Expérience patient | La transmission est-elle automatique, ou demande-t-elle une saisie ? |
| Hébergement | Les données sont-elles hébergées chez un hébergeur certifié HDS ? |
| Interopérabilité | Le dispositif échange-t-il avec les logiciels métiers, le DMP et la MSSanté ? |
| Réversibilité | Peut-on récupérer les données en cas de changement de solution ? |
Un dispositif simple pour le patient et bien intégré aux outils de l'équipe vaut souvent mieux qu'un dispositif très riche mais isolé.
Ce que ça implique pour un porteur de projet
Avant le lancement
- Vérifier que l'activité visée est inscrite sur la liste ouvrant droit au remboursement.
- Identifier l'opérateur : qui analyse les données, qui répond aux alertes, à quelles heures.
- Choisir une solution conforme, hébergée HDS, et prévoir son raccordement aux services socles.
Pendant le déploiement
- Calibrer les alertes avec les équipes, pour limiter les faux positifs.
- Former les patients : une donnée mal saisie ou non transmise fausse le suivi.
- Tracer chaque alerte et chaque action, pour la qualité du suivi et la facturation.
Les repères officiels sont disponibles sur ameli.fr et sur le guichet G_NIUS de l'ANS, qui oriente les industriels du numérique en santé.
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FAQ
La télésurveillance est-elle remboursée ?
Oui. Depuis le 1er juillet 2023, elle relève du droit commun, pour les activités inscrites sur la liste prévue par la réglementation. Le remboursement repose sur un forfait opérateur et un forfait technique.
Qui perçoit le forfait opérateur ?
Le professionnel de santé ou la structure qui assure le suivi : analyse des données, gestion des alertes et accompagnement du patient.
Qui perçoit le forfait technique ?
L'exploitant du dispositif numérique de télésurveillance, à condition que la solution remplisse les conditions réglementaires.
Pourquoi l'INS est-elle indispensable ?
Elle garantit que les mesures transmises sont rattachées au bon patient. Une erreur d'identité fausse le suivi et les alertes.
Quelles obligations de conformité ?
Hébergement HDS, respect du RGPD, exigences d'interopérabilité et de sécurité de l'ANS, identité qualifiée par l'INS et authentification des professionnels.
Sources officielles : Télésurveillance (ameli.fr) · G_NIUS (ANS) · HAS












