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Accès aux soins ophtalmologiques : pourquoi le modèle doit évoluer

Délais, déserts médicaux et rôle des orthoptistes : l’accès aux soins ophtalmologiques révèle de fortes inégalités territoriales en 2026.

MetaConnect16 mai 2026
Accès aux soins ophtalmologiques : pourquoi le modèle doit évoluer

L’accès aux soins ophtalmologiques en France donne aujourd’hui une impression paradoxale. Les délais moyens nationaux semblent diminuer, mais cette amélioration masque en réalité des disparités territoriales majeures.

Dans une analyse publiée en 2026, Jean-Bernard Rottier rappelle que la situation réelle de l’ophtalmologie française reste profondément contrastée, notamment dans les zones rurales et les territoires sous-dotés.

Au-delà des chiffres nationaux, la question centrale devient désormais celle de l’organisation des parcours visuels et de la capacité du système de santé à structurer un premier recours efficace, coordonné et accessible.


Des délais nationaux trompeurs

Les chiffres relayés ces dernières années montrent une baisse importante des délais moyens de consultation en ophtalmologie.

Selon les données citées dans l’analyse :

  • 66 jours en moyenne en 2017 ;
  • environ 18 jours en 2025.

Cette amélioration apparente peut sembler rassurante. Pourtant, elle cache une réalité beaucoup plus complexe.

Dans certaines grandes villes :

  • les délais deviennent très faibles ;
  • les agendas médicaux sont moins saturés ;
  • certaines structures connaissent même des périodes de sous-activité.

À l’inverse, dans de nombreux territoires ruraux :

  • les délais restent extrêmement élevés ;
  • certains patients renoncent aux soins ;
  • l’offre ophtalmologique peut être inexistante.

À retenir : la moyenne nationale masque aujourd’hui des écarts territoriaux considérables.


L’IRDES confirme les fortes inégalités territoriales

Les travaux de l’IRDES sur l’Accessibilité Potentielle Localisée (APL) permettent d’analyser plus précisément la réalité de l’accès aux spécialistes.

Cet indicateur prend notamment en compte :

  • le temps de trajet ;
  • la densité médicale ;
  • les besoins de la population ;
  • la capacité réelle d’accès aux soins.

L’étude montre que l’ophtalmologie fait partie des spécialités les plus touchées par les inégalités territoriales.

Territoires les mieux dotés

  • Île-de-France ;
  • grandes métropoles ;
  • littoraux ;
  • Rhône ;
  • Alsace.

Territoires les plus fragilisés

  • diagonale centrale ;
  • zones rurales ;
  • certaines zones montagneuses ;
  • Creuse ;
  • Indre ;
  • Pyrénées ;
  • Corse.

Le rapport souligne également qu’au-delà d’une heure de trajet, une partie importante des patients renonce tout simplement aux soins.


L’accessibilité financière devient un enjeu majeur

L’autre difficulté concerne le coût d’accès aux consultations.

Le secteur 2 reste largement dominant en ophtalmologie. Dans un contexte de tension sur l’offre médicale, les dépassements d’honoraires deviennent parfois la seule solution disponible pour obtenir rapidement un rendez-vous.

Cette situation entraîne :

  • une inégalité financière croissante ;
  • des reports de soins ;
  • une baisse du suivi préventif ;
  • un renoncement à certaines consultations.

Les populations les plus fragiles deviennent alors les premières pénalisées.

Le véritable enjeu : améliorer l’accès aux soins ne consiste plus uniquement à réduire les délais mais à garantir un accès équitable sur l’ensemble du territoire.

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